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L’acte responsable :arrêter d’acheterdes vêtements

Rédaction Tilt le 19/04/2021

7 min de lecture 🧠   Niveau « Je me débrouille »

Qu’on le veuille ou non, il est difficile de résister à l’industrie textile mondialisée : des produits à bas coûts, sans cesse renouvelés. Pourtant, de nombreuses initiatives existent pour lutter ou, a minima, ne pas contribuer à une des industries les plus polluantes de la planète ! Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif l’Ethique sur l’étiquette, nous partage ses tips pour allier mode et respect de l’environnement. 

 

Tilt -  Que peut-on faire ? 


Nayla Ajaltouni -  Si on parle du consommateur, l’acte le plus responsable aujourd’hui, c’est de cesser d’acheter des vêtements. On produit trop de matières et on est submergés de matières, qu’on ne sait pas recycler, renouveler, qui polluent et bafouent les droits des travailleurs. Quand on est un grand acheteur de vêtements, idéalement il faut faire le tri dans ses placards et voir de quoi on a besoin. 


Ensuite si on doit acheter, il faut se recentrer sur des matières plus durables, comme le lin, le chanvre, la laine. Des matières naturelles qui ont moins d’impacts sur l’environnement, et socialement. Et puis revenir à des vêtements de qualité, qui vont durer. Des belles pièces dans lesquelles on peut mettre un peu d’argent, car elles vont durer et qu’on va les associer différemment.


Et enfin, quand on a les moyens, quand on a décidé d’investir dans une belle paire de baskets, dans une belle blouse. On a des marques de modes responsables qui se développent, qui tentent d’offrir des prix plus abordables. Et là on peut avoir une alternative écolo, responsable, dans la mode actuellement.

La seconde main, c’est la solution ? 


Bien sûr, acheter en seconde main, ça veut dire qu’on ne produit pas de matière, et donc c’est un deuxième acte responsable. La limite au marché de la seconde main, c’est s’il sert juste à se dédouaner, à nous donner bonne conscience, en continuant à consommer autant de vêtements, que nous l’a imposé le modèle de la fast-fashion. Parce que derrière, ça crée une rotation, des vêtements, dans le neuf et dans la seconde main. Parce qu’il faut toujours donner une offre renouvelée, aux consommatrices et aux consommateurs. Ces types de plateformes doivent aussi être responsabilisés sur l’objet de leur mission, leur activité. Au début Vinted ne s’est pas du tout créée à des fins sociales et environnementales. Mais pour permettre d’avoir accès à des vêtements de qualité, design, tendance, à un prix moins élevé, puisque c’est de la seconde main. Mais encore une fois, ce type de plateformes est utile s’il est repensé dans une façon globale d’acheter des vêtements.

D’autres conseils concrets pour limiter les dégâts ? 


C’est essentiel de se dire qu’on est là en tant qu’individu et pas seulement pour consommer. Nous avons aussi une ligne à imposer, ce qu’on veut voir de ce monde. On passe à l’action citoyenne, c’est-à-dire, agir sur les réseaux sociaux, signer des pétitions d’organisations dans lesquelles on a confiance. Interpeler les enseignes sur les réseaux sociaux, participer à des actions collectives, l’idée c’est de faire partie d’un mouvement collectif de pression, parce que c’est ce qui donne aux ONGs, aux syndicats, la possibilité d’être plus forts, et de peser auprès des pouvoirs publics. Que ce soit en France, en Europe, au niveau local, pour un renforcement des lois, de la régulation. À la fois pour protéger le consommateur, lui donner de l’information et à la fois pour rendre les entreprises multinationales responsables
 

Mode

Par Rédaction Tilt

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📸 Sam Tarling / Oxfam
 

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