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Pourquoi protéger 30 % de la planète ? 

Le Drenche le 15/02/2021

5 min de lecture 🧠   Niveau « Je gère »

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Le chiffre qui fait tilt !

2/3

2/3 de la faune sauvage a disparu entre 1970 et 2016, principalement à cause de la perte de leur habitat. 

Source : rapport Planète vivante du WWF
 

La COP 15 biodiversité réunira en octobre prochain à Kunming (Chine) les dirigeants de la planète. L’objectif : se mettre d’accord sur des grandes orientations pour préserver la biodiversité sur Terre. 

Pour mieux comprendre les enjeux de cette conférence internationale, Le Drenche, journal de débats pour les étudiants, a interrogé Julien Calas, chargé de recherches sur les questions de biodiversité à l’Agence française de développement.

30 % de la planète en espace protégé, concrètement ça veut dire quoi ? 

Protéger 30 % de la planète, c’est un des objectifs qui va être négocié lors de la COP15 sur la biodiversité en octobre prochain. De nombreux pays poussent pour que 30 % des espaces terrestres et 30 % des espaces maritimes soient protégés d’ici 2030. Mais l’objectif n’est pas encore adopté. 15 % des terres et environ 7 % des mers sont protégées aujourd’hui. L’objectif est donc ambitieux. Et il soulève de nombreuses questions.

D’abord, quels espaces protéger ?

Il ne s’agit pas seulement de décréter de grandes zones en aires protégées : il faut que ces zones soient représentatives de la biodiversité présente sur le territoire, qu’elles puissent communiquer entre elles pour respecter le croisement des espèces, leurs déplacements, leur migration éventuelle, et enfin, que les zones qui fournissent un service essentiel ou présentent une particularité unique soient effectivement protégées.

Ensuite, comment protéger ?

Chaque pays est libre de choisir les règles à appliquer pour ces zones protégées, et peut donc mettre en place une protection plus ou moins stricte.

Pourquoi a-t-on autant besoin de la nature ? 

Le but derrière cette proposition est de protéger la biodiversité. Il faut imaginer la biodiversité comme un magma de vie interconnectée, où chaque élément est relié à de multiples autres, à l’image d’une toile d’araignée. On ne peut pas tirer sur un fil sans abîmer le reste de la toile. La biodiversité s’adapte et se transforme en permanence. Mais elle ne peut le faire que si la population des écosystèmes est importante. La richesse des milieux est donc très importante pour les humains : en s’adaptant, ils nous fournissent les moyens de lutter contre les nouvelles menaces comme les épidémies ou le changement du climat. 

En fait, la biodiversité nous offre ce que l’on appelle des services écosystémiques, qui sont divers. Elle nous apporte de l’oxygène via les plantes, de l’eau potable via les sols et les organismes qui y vivent, des ressources (3/4 des plantes que nous cultivons ou consommons dépendent d’animaux pollinisateurs). Une grande partie de nos médicaments proviennent également des plantes. Une récente étude montre même que la proximité avec la nature a une action hormonale sur notre bien-être.

Aujourd’hui, la biodiversité est en danger : le Millenium Ecosystem Assessment (un programme de l’ONU) a montré que les espèces disparaissent à un rythme 1 000 fois supérieur à leur rythme naturel d’extinction. Le dernier rapport de l’IPBES*, un groupe international d’experts sur la biodiversité, fait le constat accablant d’une dégradation accélérée de la biodiversité au niveau mondial, et les précédents objectifs internationaux n’ont malheureusement pas enrayé les facteurs de destruction.

Que faire des 70 % restants ? 

On peut considérer les 30 % que l’on veut protéger comme notre jardin : on souhaite qu’il nous oxygène et permette à la vie de se renouveler, on le protège, on l’entretient.

Les 70 % restants, ce serait notre maison : on y vit, on accepte donc un certain changement par rapport à son état naturel. Mais la manière d’habiter notre maison a un impact fort sur notre jardin : notre consommation, notre gestion des déchets, notre impact sur le climat... De nombreuses propositions concernent ces 70 % restants, et visent à intégrer la biodiversité dans les villes, l’agriculture, etc.
 

Par Le Drenche

Source : Le Drenche

📸 Félix Vigne

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