Accessibilité vaccins
# Deep Tilt

Vaccins pour tous ? Un sujet qui pique

Camille Cazanave - QQF le 04/08/2021

10 min de lecture 🧠   Niveau « Je me débrouille »

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Le chiffre qui fait tilt !

0,2 %

En juin 2021, les pays en développement n’avaient eu accès qu’à 0,2 % des doses

La bonne nouvelle, c’est que la santé s’est considérablement améliorée sur la planète ces dernières décennie. 
La mauvaise, c’est que tout le monde n’a pas bénéficié de ces progrès de façon égale sur la surface du globe. 

Si la mort recule chaque jour dans les pays développés, les pays aux plus faibles revenus sont, eux, toujours dévastés par des pathologies incontrôlées. Et cela pour une raison toute bête : les pays pauvres ont tout simplement moins accès aux soins, aux médicaments, et encore moins aux vaccins. 

Cette disparité est criante face à la Covid-19. Les pays à revenu élevé concentraient près de la moitié des vaccins disponibles alors qu’ils représentent 16 % de la population mondiale. 

Comment expliquer de telles inégalités en matière de vaccination (et plus largement de traitement) à travers le monde ? 

1.    Sur l’accès aux soins en général 

Il existe une vraie géographie des maladies dans le monde. 

Dans les pays du Nord : les décès par maladies sont essentiellement dus à des pathologies liées au mode de vie : sédentarité, surcharge pondéral, consommation d’alcool … favorisent le développement des cancers et des maladies cardiovasculaires. 

MAIS … la recherche médicale, la qualité des soins et l’accès aux médicaments permettent de soigner toujours mieux ces maladies et de faire progresser l’espérance de vie. 

Dans les pays du Sud : on meurt de maladies parasitaires, comme le paludisme, de dysenteries, de maladies liées aux carences alimentaires et de maladies infectieuses, tuberculose et VIF/SIDA. 

OR, le difficile accès aux soins et aux médicaments ne permet pas de mettre en œuvre les thérapies appropriées. 

2.    Sur l’accès aux vaccins en particulier 

Même si la couverture vaccinale mondiale s’est élargie, le fossé entre les pays tend à se creuser. 

Depuis les années 70, la mortalité infantile a considérablement chuté dans le monde grâce à un meilleur accès aux vaccins. Ça, c’est grâce au lancement en 1974 du Programme Élargi de Vaccination de l’OMS, dont l’objectif est de rendre les vaccins accessibles à tous les enfants dans le monde. 

Aujourd’hui, au moins 20 maladies (dont la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la grippe et la rougeole) peuvent être prévenues par les vaccins, permettant ainsi de sauver jusqu’à 3 millions de vies chaque année. 

MAIS, la couverture vaccinale stagne. 

Si le pourcentage d’enfants ayant reçu les trois doses du vaccin DTC (Diphtérie, Tétanos, Coqueluche) est passé d’environ 10 % à 86 % en 40 ans, il ne dépasse pas ce cap depuis 2010. 
 

couverture vaccinale

La plupart des enfants non vaccinés vivent dans les pays les plus pauvres, et se trouvent de manière disproportionnée dans des États fragiles ou touchés par les conflits. La majorité d’entre eux vivent dans 16 pays : 

répartition vaccins monde

Cerise sur l’aiguille : la pandémie de COVID-19 complique la situation pour les pays à faibles revenus … 

On l’a vu, les pays riches tirent à eux toute la couverture vaccinale pour lutter contre la Covid. Le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qualifie même la situation de « grotesque ». 

Répartition des pays où ont été administrées les 3,08 milliards de doses de vaccins contre la Covid-19 au 1er juillet 2021

Bref, on est loin d’être tous égaux face au vaccin. Mais qu’est-ce qui bloque la situation ? 
L’inégalité d’accès aux vaccins se joue sur trois niveaux : 
 

production vaccins dans le monde

LA RECHERCHE

Aujourd’hui, la recherche et le développement sont orientés en direction des traitements jugés rentables par les entreprises pharmaceutiques. Cela entraîne au moins deux gros problèmes : 

Certaines maladies du Sud sont négligées

Parmi elles, figurent la dengue, la maladie de Chagas, la trypanosomiase humaine africaine (maladie du sommeil provoquée par la mouche tsé-tsé), le kala-azar … 
Si la plupart de ces maladies nous sont inconnues, elles concernent pourtant 1,7 milliards d’êtres humains et provoquent autant de drames invisibles. 

Les brevets entravent l’accès aux traitements 

Parce que la recherche médicale coûte cher et que la production de médicaments et de vaccins obéit aux mêmes lois du marché que n’importe quelle autre marchandise, elle doit permettre à l’entreprise qui les fabrique d’être rentable. C’est là que les brevets interviennent : au titre de la propriété intellectuelle, ils protègent la « recette de fabrication » du vaccin. Elle appartient au laboratoire pendant 20 ans. 

Pas prioritaires sur les carnets de commandes et peu dotés en moyens financiers, les pays pauvres passent en dernier ! Ils doivent alors attendre l’expiration des brevets pour accéder à des génériques moins coûteux. 

Mais lever les brevets, est-ce la solution ? Partager la « recette » des vaccins ne suffit pas, il faut avoir les moyens techniques de les fabriquer ensuite. 

LA PRODUCTION

Un chiffre ? L’Afrique importe 99 % de ses vaccins. Sur le continent, seule l’Afrique du Sud est équipée de laboratoires en mesure de fabriquer des vaccins pointus. 

En matière de santé, les pays riches concentrent à la fois les équipes de recherche et les laboratoires de production. 
 

Accessibilité des vaccins

LA DIFFUSION 

Sur ce point, de nouveaux obstacles se dressent en travers de la route des pays moins favorisés. 
D’abord, des problèmes logistiques et opérationnels. 
 

Production des vaccins

MAIS, le principal frein à la diffusion des vaccins et des traitements reste LE PRIX. 

Dans le modèle actuel, l’accessibilité au vaccin est déterminée par le prix que les pays et les donateurs sont prêts à pays, et non par un système rationnel destiné à offrir un accès optimal à l’ensemble des pays et des populations. 

La production pharmaceutique mondiale est ainsi dominée par des grandes firmes multinationales généralement occidentales (Pfizer, Novartis, etc.). Ces acteurs sont présents sur la totalité de la chaîne de valeur – de la R&D à la fabrication du produit – et ils détiennent les principaux brevets sur les molécules innovantes. En l’absence de concurrence, ils imposent ainsi leur prix et leur stratégie d’approvisionnement. 
 

Résultats : 

En raison des prix trop élevés, de nombreux pays sont incapables d’acquérir pour leur population les vaccins ou médicaments les plus récents et les plus essentiels. 

Qui peut intervenir pour rectifier ces inégalités ? La santé doit-elle être considérée comme un bien commun ? 
On aborde tous ces sujets dans l’infographie suivante ! 
 

Santé Vaccin

Par Camille Cazanave - QQF

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banniere sante enjeu mondial
# Deep Tilt

La santé, un enjeu mondial interconnecté

Camille Cazanave - QQF le 12/08/2021

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virus

ERREUR FATALE !

À l’heure de la mondialisation, on aurait tort de croire que ce qu’il se passe à l’autre bout du monde ne nous concerne pas.

Aujourd’hui, tout circule à l’échelle planétaire : les informations, les marchandises, les humains, mais aussi – on l’a vu avec la pandémie de la Covid-19 – les maladies.

Alors que les conséquences sanitaires, économiques et sociales de la crise sont liées les unes aux autres et partagées à l’échelle planétaire, la santé ne devrait-elle pas être considérée comme un commun mondial ? Face à un enjeu planétaire aussi crucial que la santé, quelle stratégie globale et concertée adopter ?

Tous connectés à travers la santé 

Nous l’avons vu avec la pandémie de Covid-19 : il n’aura fallu que quelques mois pour que le virus se propage à l’échelle planétaire, mettant nos vies et les économies à l’arrêt. Cette crise met en évidence trois aspects qui illustrent les liens individuels et collectifs qui nous relient à travers les enjeux de santé :

santé bien commun

 

La santé : un bien commun ?

Avec la crise de la Covid-19, des voix s’élèvent pour ériger la santé en « bien commun » au même titre que l’éducation, l’alimentation ou encore les ressources naturelles comme les forêts, les ressources halieutiques, etc. Ces biens communs sont indispensables à l’humanité et impliquent d’être protégés et gérés selon des règles spécifiques.

 

Déjà, c’est quoi un bien commun ?

D’un point de vue économique, les biens communs sont des ressources matérielles ou immatérielles d’accès non exclusif (tout le monde y a accès) et d’usage rival (le bien est disponible en quantité limitée, donc sa consommation par un individu ou une entreprise réduit celle des autres).

Un bien commun implique un mode de gestion spécifique

La politologue Elinor Oström, première femme prix Nobel d’économie en 2009, a démontré que les biens communs pouvaient être gérés efficacement par une communauté d’usagers ou d’intérêt, qui fixe les règles d’usage et les modalités de gouvernance de la ressource concernée. Une autre voie que celles de la privation ou de la nationalisation.

Un exemple ? Celui des poissons !

Un bien commun : tout le monde peut pêcher les poissons dans un lac, ils n’appartiennent à personne et sont librement accessibles. Par contre, le poisson que pêche un pêcheur n’est plus disponible pour un autre pêcheur.

Qui doit être géré comme un commun : si tout le monde se met à pêcher trop de poissons, il n’y en aura plus dans le lac. Les pêcheurs et les personnes qui dépendent de cette ressource sont les plus à même et ont tout intérêt à fixer des règles et des quotas de pêche pour en assurer la pérennité.

OK, mais en quoi la santé est-elle un commun ?

Si la santé désigne a priori un état individuel, nous avons vu qu’elle était indissociable de nos interactions humaines : on se transmet certaines maladies tout autant que l’on s’en protège collectivement. En retour, l’état de santé physique et psychologique collectif d’une population a un impact sur la santé économique et sociale d’un pays. La santé en tant qu’état n’est ni tout à fait privée, ni tout à fait publique, ni tout à fait individuelle, ni tout à fait collective.

La santé peut donc être envisagée comme un commun immatériel qui requiert …

  • Une gestion en commun : par exemple, dans le cas des maladies infectieuses et des épidémies, nous avons tous intérêt à les surveiller et les contenir à l’échelle locale et globale, donc à fixer des règles de gestion communes pour prévenir le risque sanitaire.
  • Et de considérer les soins de santé comme des « biens communs » : la sécurité sanitaire devrait donc passer par l’accès à tous aux équipements et traitements nécessaires à la santé.

Une idée qui se heurte à la réalité

En théorie, le droit à la santé est inscrit dans nombre de textes internationaux ou à portée universelle. Presque tous les États du monde sont signataires d’un traité international qui proclame le droit à la santé.

  • Au niveau international, il a été énoncé pour la première fois dans la Constitution de 1946 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)
  • La Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 évoque également la santé comme partie intégrante du droit à un niveau de vie suffisant
  • Le droit à la santé est reconnu comme un droit de l’Homme par le Pacte international de 1966 relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Mais dans les faits, c’est plus compliqué.

Pour que le droit à la santé soit respecté, il faut que les services de santé, les biens et les infrastructures soient de qualité et accessibles à tous sans discrimination. C’est loin d’être le cas au moins pour cinq raisons :

  • Les disparités entre pays : les systèmes de santé l’accès aux soins, aux médicaments et aux vaccins ne sont pas assurés pour une grande partie de la population mondiale
  • La barrière du prix : produits par des entreprises privées, les produits thérapeutiques sont des biens marchands vendus aux plus offrants donc inabordables pour certains pays et publics.
  • L’accentuation du chacun pour soi : la crise sanitaire de la Covid-19 a engagé une véritable course aux vaccins qui s’est soldée par l’accaparement des doses par les pays riches au détriment des pays plus démunis.
  • Les problèmes logistiques : le conditionnement des produits thérapeutiques n’est pas toujours approprié aux conditions locales de transport, de stockage et d’administration
  • L’entrave des brevets : il existe une forte tension entre le droit à la propriété intellectuelle et le droit à la santé. Si les brevets stimulent la recherche et le développement de médicaments et de vaccins, ils en limitent la production donc l’accès au plus grand nombre.

 

Qui doit prendre soin de la santé ?

La nature particulière des biens communs pose la question de leur gestion.

Les individus ?

On l’a vu, en matière de santé, il existe une perpétuelle tension entre la liberté individuelle et le bien-être collectif. D’une part, mon capital santé m’appartient et je suis libre d’en prendre soin ou non. D’autre part, mon état de santé à un impact sur la société, et à ce titre les injonctions et normes visant à le protéger sont nombreuses (lutte contre la consommation de tabac, d’alcool, de drogues, promotion d’une alimentation saine et d’activités physiques, etc.).

 

sante et les autres

 

MAIS : l’individu seul n’a pas la maîtrise totale de sa santé. Son bon état dépend de nombreux facteurs dont il est tributaire, notamment :

  • Le système de santé de son pays : l’accès à des soins, des médicaments et des vaccins efficaces.
  • Son environnement : l’exposition aux pollutions de toutes sortes, la qualité de son alimentation, l’accès à l’eau potable et l’assainissement, les conditions de logement, de travail, l’éducation à la santé, etc.

 

Les États ?

Les traités et textes qui fondent le droit à la santé désignent l’État comme principal responsable de la mise en place d’un système de protection qui assure à tous le meilleur état de santé possible.

Même avec des moyens limités, l’État doit tout mettre en œuvre pour assurer l’accès aux soins, médicaments et vaccins sans discrimination. Il doit aussi garantir des conditions de vie (eau potable, assainissement, logements décents, etc.) qui protègent les individus.

MAIS

En fonction des systèmes de santé des États et de leur financement public/privé, leur accès universel n’est pas toujours garanti.

Les moyens investis dans les systèmes de santé dépendent de la part de PIB que chaque pays peut y consacrer, créant une fracture entre les pays riches et les plus pauvres.

Globalement, le financement de la recherche, des équipements et des infrastructures coûte si cher que les États seuls ne peuvent les financer avec l’argent public.

Le secteur privé ?

Les équipements, le matériel, les médicaments et les vaccins nécessaires au fonctionnement des systèmes de santé – s’ils peuvent être financés et commandés par le secteur public – sont produits par les entreprises privées.

Les biens de la santé sont ainsi soumis à une logique marchande. Pour assurer leur rentabilité, certains de ces biens (médicaments et vaccins) sont encadrés par le droit de la propriété intellectuelle. À travers les brevets, il assure aux entreprises un avantage concurrentiel et un retour sur investissement. Ce mécanisme contribue aussi à la vitalité du secteur de la santé et stimule l’innovation.

MAIS

La logique de l’offre et de la demande entrave l’accès des pays les plus démunis à des biens qui sont en priorité réservés au marché occidental et dont le prix est rédhibitoire.

La recherche de rentabilité a entrainé la délocalisation de la production de médicaments et matériels essentiels. Cela crée des phénomènes de dépendance et des problèmes d’approvisionnement notamment illustrés par la pénurie de masques dans les premiers temps de la pandémie de la Covid-19.

 

santé agence europenne medicaments

Les institutions internationales ?

Des premières conventions sanitaires à la création de l’OMS en 1948, ce sont les épidémies et les guerres qui ont convaincu les grandes puissances de la nécessité de mettre en place des institutions et des politiques internationales de santé publique pour des raisons sanitaires et éthiques, mais aussi économiques et sociales.

C’est d’ailleurs après les traumatismes de la seconde guerre mondiale, alors que le monde est à reconstruire, que l’ONU et son Organisation mondiale de la santé seront créés.

Avec 194 États membres, l’OMS est l’institution la plus importante en matière de politique et de coordination de la santé mondiale.

Ses missions consistent à :

  • Améliorer et promouvoir la santé de tous les peuples
  • Compiler des principes de politique de santé basés sur la science.
  • Coordonner et diriger l’action sanitaire en cas de crises.
  • Établir les diverses normes médicales
  • Façonner le programme mondial de recherche médicale

MAIS

L’OMS manque de moyens et d’autorité. Organisation intergouvernementale, l’OMS n’a pas de pouvoir de sanction ou de coercition sur ses États membres.

Face à la crise du coronavirus, alors que l’OMS organise la réponse mondiale à l’épidémie à travers le dispositif COVAX, l’organisation se heurte au comportement égoïste des États qui ne jouent pas le jeu de la coopération et de la solidarité notamment dans l’approvisionnement de vaccins.

Focus sur l’initiative COVAX à retrouver sur qqf.fr 

Les organisations de la société civile ?

Là où les systèmes de santé sont défaillants et en cas de crise, la médecine humanitaire prend le relais à travers l’action des Organisations non gouvernementales (ONG) et des associations. Leurs missions : soigner des populations dans un contexte de crise, mettre en place des programmes de prévention et de développement des soins, former des équipes médicales sur place.

Parce qu’elles ne dépendant par des États, qu’elles échappent aux logiques de marché, elles apportent une aide précieuse sur le terrain pour soutenir les populations menacées.

Les principales ONGs internationales et associations qui interviennent dans le secteur de la santé sont Médecins sans frontières, Médecins du monde, la Croix-Rouge, etc.

MAIS

Les ONGs ne peuvent pas et ne doivent pas remplacer les systèmes de santé dont l’organisation incombe avant tout aux États. Le risque serait au contraire de créer une situation de dépendance et d’affaiblir les systèmes de santé. Toute action de soin humanitaire doit donc être intégrée dans une démarche de santé publique au niveau national.

 

UNE SEULE SOLUTION : LA COOPÉRATION

Si la santé est un bien commun, cette ressource appartenant à tous ne peut être confiée à la seule gestion privée, ni à la seule gestion publique. Des institutions hybrides d’un nouveau genre associant les membres de la communauté (producteurs de médicaments, gouvernements, usagers, etc.) pourraient permettre de relever les défis actuels liés à la santé.

DNDi ou l’Initiative Médicaments contre les Maladies Négligées : un bon exemple de gestion hybride d'un bien commun.

Créée il y a 18 ans et basée à Genève, l’Initiative Médicaments contre les maladies négligées (Drugs for Negleted Diseases Initiative-DNDi en anglais) développe des traitements adaptés pour soigner des maladies délaissées par les chercheurs, car elles touchent des populations dans des pays à faible revenu ce qui est moins rentable pour les laboratoires pharmaceutiques.

L'initiative DNDi n'est ni une société privée, ni un État, ou une ONG, c'est une fondation avec un fonctionnement hybride très innovant qui illustre le principe même des communs : DNDi est un réseau collaboratif qui travaille avec les entreprises pharmaceutiques mais aussi avec le secteur public, les scientifiques et qui défend des principes forts comme celui de développer des médicaments sans propriété intellectuelle.

Résultat, la structure a réussi à faire ce que ni le secteur pharmaceutique privé, ni les États, ni la société civile n’arrivent à faire seuls : depuis sa création, DNDi a mis à disposition de tous 8 nouveaux traitements conçus comme des biens publics (sans brevet) afin d'améliorer la qualité et la santé des populations les plus vulnérables.

 

LES PREMIERS PAS VERS UN MONDE PLUS RÉSILIENT ?

Tirer des leçons de la crise :

Si la crise a mis en relief les faiblesses de la mondialisation telle qu’elle existe aujourd’hui … :

  • Dépendance pour certains produits essentiels
  • Interdépendance des économiques entre elles
  • Creusement des inégalités entre les pays riches et à faible revenu …

… Elle ouvre des perspectives :

  • La coopération scientifi­que internationale :

Dès le début du mois de février 2020, des centaines de séquences génétiques du coronavirus avaient été partagées ouvertement via des portails scientifiques. C'est notamment ce qui a permis à des équipes plurinationales de chercheurs de développer des vaccins en temps record.

  • La mesure de l'impact des activités humaines :

Le ralentissement de nos activités économiques et marchandes a entraîné une réduction inédite des émissions des CO2. Cette crise questionne ainsi nos modes de consommation et de production.

Se fixer un cap commun :

L'accès à la santé fait partie d'un ensemble de biens communs (éducation, culture, biodiversité, ressources naturelles, etc.) qui contribuent tous à la stabilité économique, sociale, et à la résilience environnementale des États et des populations.

Dès lors, quelle stratégie adopter à l'échelle mondiale pour protéger ces biens et permettre à l'humanité de surmonter les dé­fis à venir ?

C'est justement l'objectif que poursuit toute la communauté internationale à travers les 17 Objectifs de développement durable (ODD) définis par l'ONU.

En 2015, tous les pays du monde se sont engagés à poursuivre ces objectifs universels et dépendants les uns des autres à l'horizon 2030.

Ces Objectifs de développement durable invitent à la mobilisation de tous : la communauté internationale, les États, les ONG, les collectivités locales, les entreprises mais aussi les citoyens.

D'ailleurs, comment agir en tant que citoyen pour assurer sa bonne santé, celle des autres et agir en faveur d'un monde plus résilient ?

On en parle dans l’infographie suivante !

 

Santé Vaccin

Par Camille Cazanave - QQF

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