Congo :
la grande menace
des zoonoses
Les maladies transmissibles entre animaux et humains gagnent en ampleur sur toute la planète et notamment en Afrique. L’épidémie d’Ebola, qui s’est déclarée en République démocratique du Congo (RDC) au printemps 2026 , en est la dernière manifestation. Mais ce n’est pas la seule. Les scientifiques congolais sont à pied d’œuvre pour mieux connaître ces pathologies.
Une propagation inédite
Dans leur laboratoire de brousse installé à Yangambi, au cœur de la forêt congolaise, des chercheurs de l’Université de Kisangani étudient chauves-souris et rongeurs, potentiels vecteurs de transmission du mpox. Maladie infectieuse virale détectée pour la première fois chez l’homme en 1970, le mpox connaît une propagation inédite depuis 2022, avec plusieurs dizaines de milliers de cas et au moins 2 000 morts, essentiellement sur le continent africain. Les zoonoses, ces maladies infectieuses ou parasitaires transmises à l’être humain par des animaux (tout comme la peste, la rage, la grippe aviaire ou le HIV), représentent une menace de plus en plus lourde pour la santé mondiale. La pandémie de Covid en 2020 a montré leur potentielle gravité.
La déforestation augmente les fronts de contacts avec la faune
Une autre épidémie inquiète régulièrement la communauté internationale : celle de la fièvre Ebola. Déclarée dans l’Est de la RDC le 15 mai 2026, la maladie avait tué 250 personnes quinze jours plus tard. Ce n’est pas la première du genre en RDC (le virus Ebola y a été détecté en 1976 et 16 épidémies ont déjà été comptabilisées), mais c’est la plus fulgurante. Depuis quelques années, le bassin du Congo connaît une augmentation significative des transmissions de zoonoses, du fait de la déforestation (réduction des habitats de la faune sauvage) couplée au fort accroissement démographique (hausse des contacts avec cette faune), dans un pays où le système de santé est chaque année plus défaillant . « Plus les êtres humains empiètent sur les forêts tropicales, qui sont des zones à forte biodiversité, plus les barrières naturelles qui nous protègent contre les maladies transmises par les animaux sauvages disparaissent », résume le zoologue Guy-Crispin Gembu, de l’Université de Kisangani.
Par Argos x Tilt
"La photo qui fait Tilt" est proposée en collaboration avec le @CollectifArgos qui rassemble des journalistes engagé·e·s sur les questions environnementales. Cette photo est publiée dans le cadre de notre édition estivale consacrée à la République démocratique du Congo.
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