En forêt avec
les pygmées Mbuti
Dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, les Mbuti ont maintenu leur mode de vie séculaire de chasseurs-cueilleurs. S’ils vivent encore de manière partiellement nomade, en symbiose avec la jungle qu’ils occupent depuis plusieurs milliers d’années, leur avenir est en péril.
Heureux apiculteurs
Dans la forêt équatoriale, les Mbuti savent tirer profit de toutes les opportunités pour se nourrir. Au printemps, ils repèrent les emplacements des nids d’abeilles (photo), à la vue ou au simple bruit que font les butineuses lorsqu’elles sortent avant l’aube. Ils allument un feu avec des feuilles humides, qui dégageront une épaisse fumée destinée à les étourdir et éviter les piqûres lorsqu’ils récolteront le précieux nectar dans une calebasse ou, concession aux temps modernes, un jerrican en plastique. Les Mbuti sont tout aussi à l’aise quand il s’agit de récolter fruits, feuilles ou plantes médicinales. Et la chasse est au centre de leur organisation sociale.
Un mode de vie menacée
La chasse au filet, par exemple, fait participer l’ensemble du clan. Après avoir déposé une offrande et s’être peints le visage à l’argile, hommes, femmes et enfants entrent en silence dans la forêt profonde, jusqu’à ce qu’ils repèrent des traces d’antilopes ou d’autres mammifères. Ils tendent alors un filet entre plusieurs arbres et s’éloignent avant de se manifester bruyamment dans le but d’y rabattre le gibier. Les Mbuti de l’Ituri ont réussi à perpétuer tant bien que mal leur mode de vie, qui n’a pas changé depuis la préhistoire.
Mais dans la Réserve de faune à Okapi, où ont été prises ces photos début 2026, l’arrivée de braconniers et d’orpailleurs étrangers depuis une vingtaine d’années perturbe leur organisation traditionnelle. Des portions de forêt sont rasées, davantage de mammifères sont chassés, les eaux sont polluées par les rejets miniers (mercure, gazoil, etc), et l’arrivée de groupes armés génère de l’insécurité . « Et les droits des peuples autochtones ne sont toujours pas suffisamment pris en compte par les Bantous », signale aussi Wangondo Faïzi, un habitant du campement Makobasi près du village d’Epulu. « Ils veulent garder toutes les richesses pour eux. »
Par Argos x Tilt
"La photo qui fait Tilt" est proposée en collaboration avec le @CollectifArgos qui rassemble des journalistes engagé·e·s sur les questions environnementales. Cette photo est publiée dans le cadre de notre édition estivale consacrée à la République démocratique du Congo.
📸 Gwenn Dubourthoumieu ✍️ Guillaume Jan
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