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# Deep Tilt

Contraception dans le monde : la pilule passe mal

Rédaction Tilt le 24/09/2021

6 min de lecture 🧠   Niveau « J'y connais rien »

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Le chiffre qui fait tilt !

75 %

des jeunes filles et femmes dans le monde entier utilisaient des méthodes modernes de contraception et de planification familiale en 2019.

Source : AFD

Accès à la contraception : on en est où ? 

Derrière ce grand chiffre (75 %), plutôt encourageant, se cachent de profondes disparités. 

Primo, cela signifie que 270 millions de femmes, qui ne voulaient pas d’enfants, n’avaient pas accès à des méthodes de contraception dans le monde en 2019. 

Deuxio, ces femmes vivent essentiellement dans les pays en développement et émergents. Dans certaines régions, obtenir un moyen de contraception est un vrai parcours du combattant, enfin de la combattante. 
Pour te donner une idée, seulement 4 % des Sud-Soudanaises ont recours à un moyen de contraception, contre 88 % des Norvégiennes. L’Afrique est le continent sur lequel la contraception est la moins répandue. Moins d’une femme en âge de procréer sur trois y a accès. 
 

carte monde contraception scolarisation

Pourquoi ? Les raisons sont diverses. 

  • Culturelles et religieuses 

Les obstacles sont nombreux. Que ce soit au sein des communautés religieuses, où la contraception, synonyme d’une sexualité du plaisir, est en contradiction avec les normes religieuses. Au regard de la loi aussi, car dans certains pays, comme en République démocratique du Congo, les femmes doivent avoir l’autorisation de leur mari, ou de leurs parents si elles sont mineures, pour utiliser un contraceptif.

Enfin, l’absence d’éducation et de sensibilisation, voire des messages erronés transmis par des professionnels de santé, engendre des craintes sur la contraception elle-même, qui « pourrait rendre stérile » (fake news bien sûr). 

  • Économiques

Pilule, stérilet et autres ne sont pas toujours remboursés. Parmi les populations les plus pauvres, le prix constitue un réel obstacle. 

  • Logistiques 

Pour suivre une contraception, encore faut-il qu’elle soit accessible. Et c’est loin d’être le cas partout. En l’absence de transports et de lieux de distribution, certaines zones ne sont tout simplement pas approvisionnées en contraception hormonale par exemple. 

 

Tertio, si la contraception s’est considérablement répandue dans le monde dans les années 90, son expansion est beaucoup moins rapide depuis les années 2000 et la Covid-19 a même entraîné des reculs.

Les systèmes de santé étant saturés, avec des ressources limitées, certains services de contraception et d’avortement ont été contraints de réduire leur activité. Et même dans le cas où ces services sont restés accessibles, la perte de revenus, l’éloignement social, les restrictions de déplacements ou encore les pénuries de médicaments ont été autant d’obstacles pour les couples et surtout les femmes souhaitant recourir à une contraception. 

À cause de la crise, 12 millions de femmes n’ont pas pu accéder à des moyens contraceptifs dans le monde, conduisant à 1,4 million de grossesses non désirées en 2020. 

Tour du monde des méthodes de contraception

Jusqu’ici, nous n’avons parlé que des femmes. Et ce n’est pas un hasard !

La contraception est assumée par les femmes dans la très grande majorité des cas. Non pas qu’il n’existe pas de contraception pour les hommes, mais elles sont, soit, peu développées et peu accessibles (c’est le cas de la pilule masculine, de l’anneau pénien ou encore du slip chauffant), soit peu utilisées (c’est le cas de la vasectomie) ou encore peu fiable (c’est le cas du coït interrompu ou, pour le dire simplement, du retrait). 

La stérilisation féminine, qui consiste généralement en une ligature des trompes de Fallope, ce qui bloque les spermatozoïdes dans leur remontée jusqu’à l’ovule, est la méthode contraceptive la plus utilisée dans le monde (près de 30 %), devant le stérilet, la pilule et le préservatif. La stérilisation masculine, ou vasectomie, est beaucoup plus rare et décline, passant de 8 % des couples en 1994 à moins de 4 % aujourd’hui. 

Ces chiffres peuvent sembler étonnants vu d’ici, car en France, la stérilisation est très peu pratiquée ! En effet, les méthodes de contraception diffèrent énormément selon les régions du monde et les pays. 

  • En Inde, deux tiers des couples qui ne veulent pas d’enfants optent pour la stérilisation. Aujourd’hui, c’est généralement la femme qui s’y colle, alors qu’il y a plusieurs années, c’était encore moit moit. C’est aussi le cas au Brésil.
  • En France, la pilule tient le haut du classement. Près de 40 % des femmes en couple de 15 à 49 ans prennent la pilule. 
  • Un stérilet sur deux, dans le monde, est porté par une Chinoise. C’est la méthode la plus répandue dans ce pays, devant la stérilisation féminine. 
  • En Afrique subsaharienne, les méthodes les plus répandues sont l’injection hormonale et le préservatif. La stérilisation y est très peu pratiquée, notamment car elle nécessite une intervention chirurgicale et donc des infrastructures de santé. 
méthodes de contraception monde

Stérilisation, pilule, stérilet, préservatif … Pourquoi la contraception est-elle si importante ? 

L’absence de contraception et de soins de santé sexuelle et reproductive est problématique à plusieurs titres. 

D’abord, sans possibilité de contrôler leur grossesse et l’espacement des naissances, les femmes ne sont pas libres de leur choix professionnel et personnel. De plus, les grossesses non désirées peuvent mettre les femmes en danger physique. C’est d’autant plus vrai dans les pays où l’avortement est proscrit. Ainsi, 35 millions de femmes dans le monde se font avorter chaque année dans des conditions dangereuses. 

Des chiffres qui donnent le tournis : 
 

Contraception avortement grossesses monde

Au-delà du contrôle des naissances, la contraception permet de se prémunir contre les infections sexuellement transmissibles (IST). Le préservatif est à ce jour la seule méthode qui joue à la fois le rôle de contraceptif et de protection contre les IST. L’accès à la contraception est ainsi primordial, notamment en Afrique où le sida demeure la principale cause de décès chez les adolescent.e.s (âgés de 10 à 19 ans). 

Les infos-clés à retenir

25 % de la population mondiale vit toujours dans des pays interdisant l’avortement, quel qu’en soit le motif, c’est-à-dire même quand la grossesse résulte d’un viol. Alors que le ministre de la Santé français annonçait début septembre la gratuité des contraceptifs pour les jeunes femmes jusqu’à 25 ans, d’autres pays ou États revenaient sur l’avortement et autres avancées fondamentales en matière de liberté de choix et d’émancipation des femmes.

Les journées mondiales de la contraception (26 septembre) et de celle de l’avortement (28 septembre) sont l’occasion de faire le point sur l’accessibilité de ces pratiques et de se rappeler que rien n’est acquis. 

On te laisse avec Simone de Beauvoir et sa phrase bien connue, extraite de son livre « Le deuxième sexe » : 
 


N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis, vous devez rester vigilantes votre vie durant.

Simone de Beauvoir, "Le Deuxième Sexe"

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