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En attendant
la vague

Argos x Tilt le 23/02/2026

3 min de lecture 🧠   Niveau « J'y connais rien »

Sur le sable noir d’une plage martiniquaise comme sur les falaises qui bordent Fort-de-France, la mer gagne du terrain. Invisible à l’œil nu, la montée des eaux redessine pourtant déjà les contours de la Martinique . Scientifiques et habitants en constatent, chacun à leur manière, les premiers effets.

Mesurer l'invisible

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Pieds nus dans l’eau tiède, Clément Bouvier avance lentement le long de la plage du Carbet, au nord-ouest de la Martinique, une canne surmontée d’un GPS différentiel à la main. L’océanographe du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) relève, point après point, la position exacte du trait de côte . L’appareil recalcule sa position en temps réel avec une précision centimétrique. 

Depuis une dizaine d’années, de nouvelles plages martiniquaises révèlent des traces d’érosion, dont celle du Carbet. La montée des eaux — plus de 3 millimètres par an dans les Antilles — ne se voit pas, mais se fait déjà sentir. Avec le réchauffement climatique, les tempêtes tropicales et les submersions marines seront plus fréquentes et plus importantes. « Un cyclone moyen qui n’a pas d’impact dans les terres aujourd’hui en aura d’ici 2050 », prévient le chercheur. 

Fort-de-France, Venise des Antilles

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Les prévisions du professeur Pascal Saffache de l’université des Antilles et de ses équipes sont sévères : « d’ici la fin du siècle, la Martinique perdra 7 % de son territoire en raison de l’élévation du niveau de la mer. ».

À Fort-de-France, les maisons du quartier Texaco, construites de façon informelle dans les années 50 sur le bord de la falaise, sont les plus visiblement exposées à l’érosion côtière et au dérèglement climatique. Mais en réalité, c’est toute la capitale martiniquaise - ainsi que son aéroport et les zones industrielles du Lamentin, cœur économique de l’île - qui se trouvent en première ligne. 

Enrochements et digues ne font que retarder l’échéance. Sans adaptation profonde, plusieurs dizaines de milliers de Martiniquais pourraient, demain, avoir les genoux dans l’eau. Au point que certains prédisent que, si rien n’est fait, Fort-de-France deviendra la « Venise des Antilles ».

Environnement Ressources naturelles Pollution

Par Argos x Tilt

"La photo qui fait tilt" est proposée en collaboration avec le @CollectifArgos qui rassemble des journalistes engagé·e·s sur les questions environnementales. 

📸 Laurent Weyl 

✍️ Catherine Monnet
 

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