Biopiraterie
# Tiltionnaire

La biopiraterie, c’est quoi ?  

Rédaction Tilt le 18/01/2022

3 min de lecture 🧠   Niveau « J'y connais rien »

Des entreprises ou instituts de recherche ont récemment été épinglés pour des faits de biopiraterie. En quoi consiste cela consiste exatement ? Qui sont ces biopirates ? C’est l’objet de ce nouveau tiltionnaire ! 

Depuis quand biopirate-on ? 

Des ressources naturelles ou des savoirs ancestraux transformés en aliment, médicament, cosmétiques pour être vendus, ça ne date pas d’hier. Mais quand on s’aperçoit que 90 % des ressources de la biodiversité sont dans les pays du Sud et que 97 % des brevets sur ces ressources sont déposés par des compagnies des pays du Nord, c’est qu’il y a un loup ! En l’occurrence, de la biopiraterie, aussi appelée biopiratage, une notion née dans les années 1990 quand ce genre de pillage a pris des proportions industrielles.

Qui sont les pirates de la biodiversité ? 

Comment biopirater, c’est-à-dire voler ce qui est censé n’appartenir à personne ? En général, cela consiste pour un commerçant ou un industriel à mettre un nom et un brevet sur une pratique ou une chose (une semence, une plante, un produit artisanal) qui était libre et sans grande valeur marchande. Puis à produire et/ou vendre cette pratique ou cette chose en interdisant aux autres de faire la même chose gratuitement. Une appropriation du vivant plutôt problématique.

Plusieurs méthodes :
On peut détourner le principe du brevet qui, normalement, protège la propriété intellectuelle. Des biopirates ont tenté de breveter et de vendre à leur profit le margousier indien, un arbre connu depuis des siècles en Inde pour ses vertus médicinales. Et, c’est un contre-exemple positif : leur brevet a été annulé puisqu’ils n’avaient pas « inventé » le margousier (donc il n’y avait rien à breveter).

On peut aussi exploiter une ressource naturelle ou des savoirs traditionnels d’une communauté locale, sans son accord. C’est l’histoire de la stévia, une plante « sucrante » découverte et utilisée par des peuples autochtones du Brésil et du Paraguay. L’industrie agro-alimentaire, et Coca Cola en particulier, en a tiré des milliards dans ses boissons, sans bien sûr payer les « inventeurs ». C’est révoltant, mais pas encore clairement illégal. Empêcher ces pratiques est l’objectif de plusieurs ONG dans le monde.


Lors de la première colonisation, les peuples autochtones se sont fait voler leurs terres. Au moyen des droits de propriété intellectuelle et des brevets, on se trouve à piller l’esprit et le corps des peuples autochtones.

Vandana Shiva, militante écologiste et féministe indienne

Lis l'article de la Fondation Danielle Mitterrand sur ce sujet

Pour creuser le sujet 

• Une infographie du site Public Eye pour bien comprendre ce qui relève de la biopiraterie

• Le site Inf’OGM propose un dossier complet dédié à la biopiraterie : des exemples, des conseils pour l’éviter, tout y est...

Biodiversité

Par Rédaction Tilt

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