La plaine de Kamalondo est un univers à part au sud de la République démocratique du Congo. Cette zone marécageuse relativement poissonneuse, qui comprend une quinzaine de lacs et une cinquantaine d’espaces lacustres , attire de plus en plus de familles qui viennent y passer des saisons entières dédiées à la pêche.
Un écosystème précieux…
En survolant le lac Upemba, le plus grand des lacs de cette plaine située en amont du fleuve Congo, on découvre des centaines de huttes en roseaux construites par les pêcheurs qui s’installent chaque année sur les rives. Ils vivent coupés du monde le temps d’une ou deux saisons, cherchant à améliorer leurs prises alors que les eaux poissonneuses attirent de plus en plus de monde – notamment des Congolais de l’Est qui fuient les combats du Kivu et des zones frontalières. La plaine de Kamalondo, bordée par le Parc national de l’Upemba, est surveillée par une poignée d’écogardes qui tentent de sensibiliser les riverains aux objectifs de conservation de ce précieux écosystème.
…affecté par des pratiques de pêches illégales
Certaines sont respectueuses de l’écosystème (photo), d’autres pas du tout – comme l’utilisation des kabuzes, ces filets confectionnés à partir des moustiquaires distribuées par différentes ONG pour tenter d’éradiquer le paludisme dans cette région isolée. Leurs mailles sont si fines qu’elles piègent les alevins et même les œufs des poissons, ce qui affecte l’abondance et la diversité des espèces. Cercle vicieux : comme il y a moins de poissons et plus d’hommes, les pêcheurs-braconniers ont de moins en moins de scrupules à utiliser ces kabuzes et à pêcher pendant les périodes de reproduction. Par ailleurs, l’insecticide qui imprègne les moustiquaires (généralement de la perméthrine) est toxique et contamine les eaux des lacs. Enfin, les riverains continuent de mourir du paludisme puisqu’ils n’utilisent pas les moustiquaires pour se protéger des piqûres de moustiques.
Par Argos x Tilt
"La photo qui fait Tilt" est proposée en collaboration avec le @CollectifArgos qui rassemble des journalistes engagé·e·s sur les questions environnementales. Cette photo est publiée dans le cadre de notre édition estivale consacrée à la République démocratique du Congo.
📸 Gwenn Dubourthoumieu ✍️ Guillaume Jan
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