VIH
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Les avancées de la lutte contre le VIH 

Rédaction Tilt le 10/07/2023

10 min de lecture 🧠   Niveau « Je me débrouille »

Où en sont les progrès dans la lutte contre le VIH ? Les mentalités et représentations ont-elles évolué au même rythme que les traitements thérapeutiques ? Pourquoi les personnes LGBTQIA+ sont-elles les plus touchées ? Eric Fleutelot, directeur technique du pôle Grandes pandémies d’Expertise France te dresse un état de la lutte contre le VIH dans le monde, des catégories de population les plus touchées et des réponses à apporter .

Tilt – Pourquoi les personnes vulnérables et/ou discriminées et en particulier la communauté LGBTQIA+, ont des enjeux de santé spécifiques ? 

Eric Fleutelot – Sur le VIH, très vite sont apparues des catégories de population, qui étaient disproportionnellement affectées par cette infection. C’est paradoxalement ce qui a freiné la mobilisation contre le VIH, historiquement, puisque ça touchait des personnes « marginales ». Il y a deux données scientifiques indispensables à avoir en tête sur ces questions-là. 

Premièrement, il y a des lesbiennes, des gays, des bisexuels, des personnes transgenres, partout dans le monde. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest et quasiment dans les mêmes proportions. Et en matière de santé, on base tout sur des données scientifiques. 

La deuxième donnée à avoir en tête, c’est les études de prévalence. La prévalence, c’est la proportion de personnes qui sont affectées par une maladie, en l’occurrence le VIH, dans un groupe de population ou en population générale. Et là, on voit d’énormes différences. Dans la plupart des pays d’Europe, la prévalence du VIH en population générale est entre 0,1 et 0,5. La prévalence du VIH chez les hommes homosexuels et les autres hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes, car il y en a toujours qui ne se considèrent pas comme étant homosexuels, parce que par ailleurs, ils sont mariés avec une femme et qu’ils ont une famille, etc. Là on est sur des proportions qui n’ont rien à voir. On va multiplier par 10, par 20, par 30. Il y a des raisons biologiques, il y a des raisons de comportement, de pratique. Et puis il y a aussi le fait que, parce que la prévalence est plus élevée dans un groupe de population, toutes choses égales par ailleurs, si vous prenez un risque dans une population où la prévalence est élevée, la probabilité que vous soyez en contact avec l’agent pathogène est plus élevée que si vous avez un rapport sexuel dans une population où la prévalence est très faible. 

Et parmi ces populations, il y en a plein, il y a les populations LGBTQIA+.

Où en est-on dans la lutte contre le VIH ? 

On a fait d’énormes progrès thérapeutiques. On n’a pas fait beaucoup de progrès en matière de lutte contre les discriminations et la stigmatisation. En France aujourd’hui, et dans pratiquement tous les pays d’Europe, il y a des professions qui sont interdites pour les personnes vivant avec le VIH. C’est en train de changer, mais on ne pouvait pas devenir policier si on était séropositif. On ne pouvait pas être militaire. Il n’y a aucune raison valable du point de vue médical, d’un point de vue spécifique, je ne vois pas pourquoi une personne vivant avec le VIH ferait un moins bon policier qu’une personne qui ne vit pas avec le VIH. C’était les représentations, les craintes de contamination et les fausses représentations qui ont conduit à mettre en place ce type de discrimination. 

Et maintenant l’avancée de la recherche scientifique fait que, plus on dépiste, plus les gens savent qu’ils sont séropositifs, plus ils vont avoir accès aux traitements, plus on va pouvoir contrôler la réplication du virus dans leur organisme. On a la preuve scientifique depuis de nombreuses années qu’aujourd’hui quelqu’un qui est dépisté, qui prend ses traitements et dont la réplication du virus est contrôlée, c’est-à-dire qu’elle est tellement contrôlée qu’on n’arrive même plus à la mesurer avec les outils qu’on a pour mesurer ce qu’on appelle la charge virale, et bien on sait qu’il n’y a plus de transmission. 

Donc aujourd’hui, on arrive à un paradoxe incroyable qui est qu’une personne vivant avec le VIH, qui est traitée avec succès, à moins de risque de transmettre le VIH qu’une personne qui n’est pas dépistée et qui ignore son statut sérologique. Malheureusement, en raison du fort niveau de discrimination et de stigmatisation, on a encore de très nombreuses populations qui ont du mal à avoir accès à l’information, à la prévention, au dépistage et donc à fortiori au traitement.

Santé LGBTQIA+

Par Rédaction Tilt

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